Colposcopie : tout savoir sur cet examen du col de l'utérus
La colposcopie est un examen gynécologique spécialisé permettant d'observer avec précision le col de l'utérus, le vagin et la vulve grâce à un microscope appelé colposcope. Elle est réalisée lorsqu'un frottis cervical, un test HPV ou l'examen clinique met en évidence une anomalie nécessitant une exploration plus approfondie.
Contrairement à une idée répandue, la colposcopie ne signifie pas que vous avez un cancer. Dans la grande majorité des cas, elle permet simplement de confirmer ou d'éliminer la présence de lésions précancéreuses qui peuvent être traitées avant qu'elles n'évoluent.
Pourquoi réaliser une colposcopie ?
La colposcopie est principalement indiquée lorsque le dépistage du cancer du col de l'utérus retrouve une anomalie.
Les principales indications sont :
- test HPV à haut risque positif selon les recommandations en vigueur ;
- frottis anormal (ASC-US, ASC-H, LSIL, HSIL, AGC...) ;
- saignements après les rapports sexuels ;
- aspect anormal du col lors de l'examen gynécologique ;
- surveillance après traitement d'une lésion précancéreuse ;
- suspicion de lésions du vagin ou de la vulve.
Depuis l'évolution du dépistage français, le test HPV est devenu l'examen de référence à partir de 30 ans, ce qui modifie les indications de la colposcopie.
Quel est le rôle de la colposcopie ?
La colposcopie permet :
- de localiser précisément une anomalie ;
- d'évaluer son étendue ;
- d'apprécier sa gravité ;
- de décider si une biopsie est nécessaire ;
- d'orienter vers le traitement le plus adapté.
Elle évite ainsi de réaliser des traitements inutiles tout en détectant précocement les lésions importantes.
Comment se déroule une colposcopie ?
L'examen dure généralement entre 10 et 20 minutes.
Après l'installation en position gynécologique :
- un spéculum est introduit dans le vagin ;
- le col est observé sous fort grossissement ;
- de l'acide acétique est appliqué afin de faire apparaître les éventuelles anomalies ;
- une solution iodée (test de Schiller) peut ensuite être utilisée pour mieux caractériser les lésions.
Le colposcope reste à l'extérieur du corps : il ne touche jamais la patiente.
Lorsque cela est nécessaire, une ou plusieurs biopsies sont réalisées.
La colposcopie est-elle douloureuse ?
La majorité des femmes décrivent un examen peu ou pas douloureux.
Vous pouvez ressentir :
- une gêne similaire à celle d'un frottis ;
- une sensation de picotement lors de l'application des solutions ;
- un bref pincement lors d'une biopsie.
En cas de biopsie, quelques crampes comparables à des douleurs de règles peuvent persister quelques heures.
Une biopsie est-elle toujours réalisée ?
Non.
Si le col apparaît parfaitement normal, aucune biopsie n'est nécessaire.
En revanche, lorsqu'une zone paraît anormale, le gynécologue réalise une ou plusieurs biopsies ciblées afin que le laboratoire d'anatomopathologie puisse établir un diagnostic précis.
Que montrent les résultats ?
Les résultats peuvent être :
Col normal
Aucune anomalie significative n'est retrouvée.
Infection HPV sans lésion
Le virus est présent mais n'a pas provoqué de modification des cellules.
Lésion de bas grade (CIN 1)
Ces lésions guérissent très souvent spontanément grâce au système immunitaire.
Lésion de haut grade (CIN 2 ou CIN 3)
Ces lésions précancéreuses nécessitent généralement un traitement afin d'éviter leur évolution vers un cancer.
Cancer invasif
Cette situation reste beaucoup plus rare grâce au dépistage organisé.
Que se passe-t-il après la colposcopie ?
Selon les résultats :
- simple surveillance ;
- nouveau test HPV ;
- nouveau frottis ;
- contrôle colposcopique ;
- conisation ou autre traitement des lésions précancéreuses.
La prise en charge est individualisée selon les recommandations françaises les plus récentes.
Quels sont les risques ?
La colposcopie est un examen très sûr.
Les complications restent rares :
- léger saignement ;
- douleurs passagères ;
- exceptionnellement une infection après biopsie.
Après une biopsie, il est recommandé d'éviter pendant quelques jours :
- les tampons ;
- les rapports sexuels ;
- les bains.
Faut-il être à jeun ?
Non.
Vous pouvez manger et boire normalement.
Il est simplement préférable d'éviter les rapports sexuels, les ovules vaginaux ou les crèmes vaginales dans les 24 à 48 heures précédant l'examen.
Peut-on réaliser une colposcopie pendant la grossesse ?
Oui.
Lorsqu'elle est indiquée, la colposcopie peut être réalisée pendant la grossesse par un praticien expérimenté.
Les biopsies sont effectuées uniquement lorsqu'elles sont réellement nécessaires.
Colposcopie et HPV
Un test HPV positif ne signifie pas que vous développerez un cancer.
Environ 80 % des adultes rencontrent un HPV au cours de leur vie et la plupart des infections disparaissent spontanément.
Seule une infection persistante par certains HPV à haut risque peut entraîner des lésions précancéreuses, généralement après plusieurs années. Le dépistage et la colposcopie permettent justement d'intervenir avant l'apparition d'un cancer.
Questions fréquentes
Puis-je reprendre le travail après une colposcopie ?
Oui, immédiatement dans la majorité des cas.
Vais-je recevoir une anesthésie ?
Non, sauf situation exceptionnelle.
Les résultats sont-ils immédiats ?
L'aspect du col est expliqué à la fin de l'examen, mais les résultats des biopsies nécessitent généralement quelques jours.
Une colposcopie normale élimine-t-elle tout risque ?
Elle est très rassurante mais le suivi recommandé doit toujours être poursuivi.
Les points essentiels à retenir
- La colposcopie est l'examen de référence pour explorer les anomalies du col de l'utérus.
- Elle permet de détecter précocement les lésions précancéreuses.
- Elle est généralement rapide, peu douloureuse et réalisée en consultation.
- Une biopsie n'est pratiquée que lorsqu'elle est nécessaire.
- Un test HPV positif ne signifie pas que vous avez un cancer.
- Le dépistage régulier reste la meilleure protection contre le cancer du col de l'utérus.